L’avis de l’association Croissy autrement dans le cadre de la concertation préalable sur le projet de modification du Plan Local d’Urbanisme (PLU) – projet Servier

L’association Croissy Autrement souhaite que tout projet soit évalué en fonction des critères suivants : son inscription dans un plan d’urbanisme général de la ville, préserver ou regénérer des trames vertes et bleues, donner la priorité à la réhabilitation et au réemploi afin de minimiser l’impact de nouvelles constructions.

Le projet soumis propose une transformation d’une zone d’activité économique en zone mixte.  Selon nous, l’objectif poursuivi de mixité entre zone d’emploi et zone de résidence peut aller dans le sens de permettre aux habitants de trouver un emploi près de chez eux et aux salariés de trouver des opportunités de logement à proximité de leur emploi, et donc de limiter les trajets et d’améliorer la qualité de vie. C’est pourquoi l’association Croissy autrement avait milité dès 2020 pour conserver la destination économique de cette zone, considérant que de nombreux logements ont déjà été développé dans ce quartier. Cependant, à condition que le projet permette d’atteindre véritablement la mixité emploi/résidence et de favoriser l’accès au logement, Croissy autrement ne s’oppose pas au principe de transformation du PLU.

Cependant, nous émettons d’importantes réserves sur le projet en l’état.

D’abord nous regrettons le choix d’une procédure simplifiée de modification du PLU qui exclut l’assistance d’un commissaire enquêteur. Nous regrettons également que la réunion publique du 15 novembre intervienne si tardivement, au milieu d’une période de concertation déjà très courte, qui s’achève le 25 novembre 2025.

D’autre part, nous demandons que le règlement de l’OAP (Orientation d’aménagement et de programmation) soit défini de façon plus précise et ambitieuse et que la mairie veille à son strict respect.

L’axe central, « mail vert » devrait permettre la transition paysagère mais aussi la continuité écologique. Cela doit être clairement indiqué dans le document, ainsi que les spécifications à respecter, en particulier par des plantations en pleine terre, des zones de friche… Sa largeur devrait être définie et correspondre a minima à ce qui est représenté sur le plan de l’agence Cobé (proposition d’OAP) pour représenter une véritable trame verte.  

L’ensemble du projet augmente de manière significative l’imperméabilisation des sols, notamment par l’extension des surfaces bâtie et des zones de circulation. Les voies de circulation en bordure du site suppriment des zones de continuité verte. La végétalisation des toitures est louable mais ne devrait pas être considérée comme une mesure de compensation valable.

La présentation en végétalisation est fallacieuse en regard de l’infiltration des eaux dans le sol, et quasi l’ensemble des eaux pluviales devront être évacuées. Une grande partie des espaces verts et des plantations d’arbres envisagés par le promoteur sont prévus sur dalle, ce qui ne permet pas un réel développement des arbres. Leur développement nécessite leur éloignement des façades tant pour le développement de la canopée que pour celui du système racinaire.

Nous regrettons que ce projet ne cherche pas à réemployer davantage le bâti existant, ce qui permettrait de limiter l’impact en termes de déchet et reconstruction.

La zone dédiée au projet de club de sport David Lloyd appelle plusieurs remarques. Sa taille vient limiter la zone autour des deux derniers bâtiments d’habitation et limite le développement possible d’arbres comme nous l’avons déjà signalé. Elle déséquilibre l’ensemble du projet et présente le plus gros risque de nuisances liés à la circulation et aux activités. On notera que cette proposition sportive ne s’ouvre pas vers les résidences et les bureaux. Son implantation devrait être repensée et réduite.

L’urbanisme du quartier devrait prendre en compte les besoins de la zone artisanale du 103-115 chemin de Ronde et du projet du promoteur Morcet, ainsi que les besoins des habitants des nouvelles résidences. La mairie devra considérer rapidement le besoin de réaménagement de la voirie et la création d’une piste cyclable reliant Croissy au Pecq. Il conviendra que les services de la mairie et de l’Agglo s’assurent de la viabilité des bureaux créés, s’interroger sur la concurrence avec l’espace Monet et la zone du 103-105 de chemin de Ronde et développer une animation spécifique pour attirer et maintenir des emplois sur la commune.

En conclusion, ce projet est faible en termes de bénéfices pour la population de la commune, pour les riverains et pour l’environnement. Les exigences de la commune doivent être exprimés avec plus de force et spécifiées de façon précises dans Orientation d’aménagement et de programmation (OAP).

Vue d’architecte du projet d’OAP

Urbanisme : existe t’il des zones préservées à Croissy?

Le projet immobilier Aligre-Epremesnil a suscité des inquiétudes des riverains. Que va devenir la belle allée de tilleuls ? Quel est ce projet de construction de 5311 m2 de plancher sur un terrain arboré situé entre le château Chanorier et la place d’Aligre, site patrimonial remarquable ?

Au regard du dossier consulté, notamment des termes de l’avis de l’architecte des Bâtiments de France et de ses prescriptions, Croissy autrement a exercé un recours gracieux. Précisons que trois immeubles R+3 et 10 maisons vont s’édifier sur ce terrain en vertu du permis de construire accordé.

Le propriétaire nous a mis en contact avec l’architecte du projet. Celui-ci a reçu trois membres de l’association. Il a donné des explications sur la manière dont le projet respecte les prescriptions en matière patrimoniale (notamment le règlement SPR de la commune, en zone AP1 et AP4) et en matière d’urbanisme (notamment le PLU, en zone UVb). Il a bien voulu communiquer les éléments fournis par courrier à la mairie. Celle-ci, après examen, a rejeté le recours.

https://croissyautrement.org/wp-content/uploads/2020/11/recours-projet-aligre-epremesnil-1.pdf

Quels enseignements avons-nous tirés ?

Les zones les plus protégées du PLU, qui sont censées constituer une « trame verte », ne le sont pas tant que cela. La pression immobilière s’exerce aussi sur ces parcelles, même si les constructions y sont moins denses. La bonne volonté de l’investisseur est le principal critère pour bâtir une architecture de qualité et préserver les sols et la biodiversité. Il en va de même pour remédier à l’impact carbone de la construction et pour réduire la consommation énergétique du bâtiment, au-delà du respect du standard réglementaire.