Débat

Table ronde du 10 avril 1026

La table ronde qui s’est tenue le vendredi 10 avril Ă©tait très intĂ©ressante, non seulement pour rendre hommage Ă  la mĂ©moire de Philippe Brocard, mais pour se doter d’outils intellectuels pour mieux comprendre les violences politiques nourries du racisme et des discriminations et pour se mobiliser et savoir agir pour lutter contre la montĂ©e des violences. 

George Pau-Langevin, ancienne ministre et adjointe Ă  la dĂ©fenseure des droits, en charge de la lutte contre les discriminations et de la promotion de l’égalitĂ©, a rappelĂ© que le droit d’expression est protĂ©gĂ© mais aussi limitĂ© par la loi. Elle a Ă©voquĂ© les enjeux Ă  adapter ce cadre face aux magnats de l’argent et des rĂ©seaux sociaux. Elle a expliquĂ© le rĂ´le du dĂ©fenseur des droits et l’utilitĂ© des dĂ©marches de mĂ©diation.

JoĂ«l Roman, philosophe, Ă©diteur et syndicaliste ami de Philippe Brocard, a rappelĂ© que le racisme n’est pas l’expression d’une opinion mais un acte d’agression. Il a expliquĂ© les phĂ©nomènes de brutalisation par les acteurs politiques issus notamment des guerres mondiales et de la colonisation. 

Sacha Halgand a tĂ©moignĂ© que beaucoup de jeunes ne savent plus ce qu’est l’Ă©tat de droit vu qu’ils ne le voient pas respectĂ©. Il a parlĂ© du programme salam-shalom-salut dĂ©veloppĂ© par SOS racisme, montrant avec conviction qu’il ne fallait pas se rĂ©signer Ă  aller vers un abĂ®me dĂ©mocratique mais qu’il Ă©tait possible Ă  la jeunesse de promouvoir le vivre-ensemble et le lien social. 

Philippe Bataille a eu des mots très Ă©mouvants pour Philippe Brocard et Jean-Jacques Gaucher. Il a brillamment dĂ©montrĂ© que le ni de droite ni de gauche n’Ă©tait pas la posture permettant de contrer les idĂ©es d’extrĂŞme droite et qu’il fallait inlassablement dĂ©noncer le racisme, l’exclusion et les discours de haine. 

Merci Ă  Jacqueline Penez qui avait pris l’initiative de cette table ronde et qui a su rĂ©unir des orateurs de ce niveau et de ce talent.

Réunion publique du 1er octobre 2025 : lancement de la campagne des Municipales 2026

Vos conseillers municipaux Croissy Ecologique et Solidaire qui portent depuis 2020 vos idées pour défendre la démocratie locale, notre environnement et le vivre-ensemble à Croissy, s’engagent dans la campagne électorale municipale de mars 2026. Animée par Xavier Guisse et Marie-Françoise Darras, une nouvelle équipe se constitue. Elle est venue se présenter aux Croissillons dès ce tout début de campagne.

L’objectif de cette réunion était

  • de faire entendre le tĂ©moignage des Ă©lus Croissy Ă©cologique et solidaire au Conseil Municipal. Leur expĂ©rience au sein du Conseil municipal depuis 2020, voire avant, leur a permis de donner des information- sur les choix faits par JR Davin, et les positions que nous avons prises pour faire valoir d’autres choix possibles,
  • de dire ce que nous voulons pour Croissy : nos propositions pour le mandat 2026-2032,
  • d’échanger avec les participants et d’entendre leurs questions et propositions.

Réunion publique du 5 mars 2024 sur le SDRIF-E : à quoi ressemblera l’Ile-de-France en 2040?

Cette confĂ©rence a permis Ă  Jean-Luc Dumesnil et Annie Lahmer, Conseillers rĂ©gionaux du PĂ´le Ă©cologiste, de nous prĂ©senter le projet de SchĂ©ma directeur environnemental d’Ile de France. 

Le projet prĂ©sentĂ© par la majoritĂ© actuelle n’introduit malheureusement pas d’orientations nouvelles dans l’amĂ©nagement du territoire pour le rendre plus rĂ©silient, rĂ©pondre au dĂ©fi climatique et lutter contre les inĂ©galitĂ©s. 

Le PĂ´le Ă©cologiste propose lui de penser Ă  une inflexion de la mĂ©tropolisation de l’île de France et milite pour des choix structurants, comme la fermeture de l’aĂ©roport d’affaires du Bourget. 

SoirĂ©e-dĂ©bat « Quelle planification Ă©cologique Ă  l’échelle locale ? Â» du 29 novembre 2023

Cette conférence-débat était organisée par Croissy Autrement le 29 novembre 2023 avec la participation de Thierry Iniguez, membre des Shifters résidant à Croissy. (lien vers la présentation)

Notre CommunautĂ© d’AgglomĂ©ration a adoptĂ© son Plan Climat Air Energie Territorial (PCAET) en avril 2023. BasĂ© sur un diagnostic territorial, le PCAET comporte un plan d’actions pour diminuer les Ă©missions de Gaz Ă  effet de serre (GES) sur le territoire et l’adapter au dĂ©règlement climatique. Il donne une trajectoire compatible avec l’objectif zĂ©ro Ă©mission nette de CO2 Ă  2050. 

Le territoire de la Boucle de Seine (19 communes et 337 000 habitants) Ă©met annuellement 1,5 millions de tonnes Ă©quivalent CO2, 50% Ă©mis par le transport routier, 33% par le rĂ©sidentiel. 

Cela représente 6,55 tonnes par habitant, cependant ne s’agit-il que des émissions directes et des émissions indirectes liées à la consommation d’énergie. En d’autres termes, les émissions indirectes émises par l’industrie des produits que nous consommons sur notre territoire ou les voyages que nous effectuons en dehors de l’agglomération ne sont pas comptées ici et il faut les garder en tête lorsqu’on considère l’impact total d’un habitant moyen de la Boucle.

Le PCAET de l’agglo fixe des objectifs globaux de diminution des consommations de 17% en 2030 et de 56% en 2050, cohĂ©rents avec les objectifs nationaux. En intĂ©grant la transition vers les Ă©nergies moins Ă©missives, ce sont des diminutions de 25% de GES en 2030 et de 79% en 2050 qui sont visĂ©es. En parallèle, l’ambition est de porter la part d’énergie renouvelable produite sur le territoire de 1,2% Ă  31%, rendant ainsi le territoire plus rĂ©silient et moins dĂ©pendant d’énergie produite ailleurs. 

Les transports routiers :

Ils reprĂ©sentent la moitiĂ© de nos Ă©missions de GES et viennent Ă  72% de nos vĂ©hicules particuliers. En moyenne les habitants de la Boucle font 4 dĂ©placements par jour, ce qui ne devrait pas changer Ă  l’avenir. 44% de ces dĂ©placements se font en voiture, 34% Ă  pied et 18% en transport en commun. Les dĂ©placements au sein du territoire intercommunal sont majoritairement effectuĂ©s en voiture. A cet Ă©gard les objectifs de l’agglo de reports vers d’autres modes de transport sont peu ambitieux avec un report de 10% vers les modes actifs en 2030 et 5% vers les transports en commun. Autrement dit, le PCAET consacre le presque tout bagnole. 

« Imaginer la voirie de demain qui concilie la circulation douce, des axes arborĂ©s et l’automobile Â»

C’est l’idĂ©e principale qui est ressortie du dĂ©bat : comment amĂ©liorer les trajets piĂ©tons et planter davantage d’arbres en bordure de la voirie ? Quelles places rĂ©server au stationnement et quelles possibilitĂ©s de transformation en sens unique pour concilier les nouveaux usages ? Des pistes Ă  dĂ©battre dĂ©mocratiquement avec les habitants. 

Le rĂ©sidentiel :

CaractĂ©ristique de notre territoire, la majoritĂ© du parc de logements (64%) a Ă©tĂ© construit entre 1946 et 1990, soit un bâti particulièrement Ă©nergivore. Les logements sociaux reprĂ©sentent aussi un enjeu incontournable dans la Boucle de Seine : 27670 logements sociaux, soit 16% du parc locatif, alors que 16629 demandes de logements sont en attente. 

A horizon 2050, celui de la neutralitĂ© carbone, les consommations de fioul, gaz et Ă©lectricitĂ© devront drastiquement baisser tandis que les rĂ©seaux de chaleur et la production solaire se dĂ©velopperont. Au global, c’est une diminution de 12% des consommations par la sobriĂ©tĂ© et de 58% par l’efficacitĂ© (isolation et moyens de chauffage) qui est planifiĂ©. Ce qui Ă©quivaut Ă  passer un logement de 200 kWh annuels/m2 Ă  80 kWh, c’est-Ă -dire passer le DPE de l’étiquette D Ă  B. 

« CrĂ©er de nouvelles formes urbaines qui concilient la rĂ©novation Ă©nergĂ©tique, la zĂ©ro artificialisation nette et les espaces verts Â»

C’est l’idĂ©e principale qui est ressortie du deuxième temps de dĂ©bat. Des exemples montrent la possibilitĂ© de rehausser un immeuble servant Ă  financer sa rĂ©novation Ă©nergĂ©tique. Inclure des zones dĂ©simpermĂ©abilisĂ©es et arborĂ©es Ă  proximitĂ© et mettre Ă  disposition des jardins partagĂ©s constitueraient Ă©galement des projets mobilisateurs pour accompagner ces changements. 

Conclusion : le PCAET est Ă©tabli pour six ans. La version actuelle n’est donc qu’un dĂ©but d’une dĂ©marche de planification Ă  mener jusqu’en 2050. Le pilotage du PCAET devra ĂŞtre amĂ©liorer pour amplifier les actions, garantir la justice sociale et empĂŞcher la tentation du recul. 

SoirĂ©e-dĂ©bat « le maraĂ®chage urbain, une solution d’avenir rĂ©aliste ? Â» du 25 septembre 2020

Une soirĂ©e-dĂ©bat sur le thème « le maraĂ®chage urbain, une solution d’avenir rĂ©aliste ? Â» Ă©tait organisĂ©e par Croissy Autrement le 25 septembre 2020, avec les tĂ©moignages d’Eric Joly, crĂ©ateur du Jardin sur l’île Ă  Bougival et d’HĂ©lène Salzgeber, prĂ©sidente de l’association les amis des jardins croissillons.

Témoignage d’Eric Joly
Eric est au départ horticulteur. Sa démarche a d’abord consisté à se former en passant un diplôme d’état en maraîchage et en suivant des stages de permaculture à la ferme du Bec Hélouin auprès de Perrine et Charles Hervé-Gruyer.
Eric s’intĂ©resse aux multiples initiatives qui fleurissent en rĂ©gion parisienne et il candidate Ă  un appel Ă  projet lancĂ© en 2017 par la Mairie de Bougival. Ce qui lui semble intĂ©ressant c’est l’opportunitĂ© de reconvertir un terrain de football en micro-ferme maraĂ®chère : au projet de crĂ©ation d’une activitĂ© Ă©conomique de production agricole s’ajoute l’enjeu sociĂ©tal de dĂ©montrer la capacitĂ© de la permaculture Ă  reconvertir un terrain devenu infertile et Ă  crĂ©er une micro-ferme productive et viable sur un terrain de la taille modeste d’un stade de foot, soit 6000 m2.
Le terrain de foot est fait de remblais et d’un substrat drainant de terre et de sable. Il ne contient plus de matière organique ni de vie. L’analyse du terrain montre qu’aucun ver de terre ne s’y trouve.
La première étape consiste à couvrir le terrain d’une épaisse couche de fumier, dix bennes en provenance de clubs hippiques de Maisons Laffitte. Constat, le fumier se trouve facilement dans la région et il faut le valoriser. Cela permet dès l’hiver 2018 de certifier par Ecocert la ferme en agriculture biologique, dès sa première année d’exploitation. Les premières récoltes ont lieu en 2019.

Cette première étape a été aussi l’occasion de fédérer autour de ce projet, notamment les membres de l’AMAP de Bougival constituée à la même époque.
La ferme trouve aujourd’hui ses débouchés en livrant des paniers à l’AMAP, les restaurateurs, le marché de Bougival, une coop solidaire au Chesnay… Elle réalise une vente directe chaque mercredi à 18h00 sur l’île de la Chaussée. Elle projette de fournir les cantines.
Cette annĂ©e, la ferme a installĂ© deux tunnels pour pouvoir produire durant l’hiver. Son objectif est de produire de façon bio-intensive, d’être Ă©conomiquement viable et de rĂ©munĂ©rer dĂ©cemment les trois maraĂ®chers qui sont nĂ©cessaires pour conduire l’exploitation du terrain. La ferme sur l’île est une entreprise constituĂ©e en EARL, elle reçoit le concours de bonnes volontĂ©s bĂ©nĂ©voles mais ne perçoit aucune aide ni subvention. Elle n’est pas Ă©ligible aux subventions de la PAC, du fait de règles de subventions « Ă  l’hectare Â». Les micro-fermes qui produisent en permaculture de façon intensive et biologiques ne correspondent pas au modèle conventionnel de la PAC qui pousse les agriculteurs vers une course Ă  la taille et vers des pratiques mĂ©canisĂ©es.
La vie est revenue spontanément et rapidement. Les vers de terre sont maintenant nombreux, ainsi que tous les autres insectes, la biodiversité est revenue.

« l’idĂ©e de la permaculture : partager l’abondance Â».

Le maraîchage en permaculture est un métier qui mobilise beaucoup d’intelligence. C’est ce qui fait l’intérêt de ce métier. Il requiert la planification des cultures sur l’année et des assolements sur plusieurs années. C’est un métier qui a une obligation de résultat. Il s’agit d’honorer ses clients et de générer des revenus. Il est inscrit dans la réalité économique. Il est relié à son écosystème. La ferme sur l’île a des relations avec ses voisins et la commune de Bougival pour utiliser leurs composts. Elle a accès au forage Vieljeux. L’accès à l’eau est essentiel, le meilleur engrais des légumes cela reste l’eau. Elle mobilise le volontariat et elle a accueilli deux stagiaires cet été.

La ferme sur l’île a aussi un objectif pĂ©dagogique. Elle veut dĂ©montrer l’enjeu de l’agriculture urbaine qui concilie la production biologique et l’approvisionnement local. Il y a un enjeu Ă  instruire les dĂ©cideurs politiques et Ă©conomiques et le public. Ainsi, les PLU pourraient davantage prĂ©voir des rĂ©serves foncières destinĂ©es Ă  l’activitĂ© Ă©conomique maraĂ®chère. L’exemple de la Ferme sur l’Ă®le montre qu’un terrain de 6000m2 abimĂ©s peut ĂŞtre reconverti sans investissement important.

« Un enjeu pour nos villes, notre santĂ©, nos enfants ».

Témoignage d’Hélène Salzgeber
L’association « les amis des jardins croissillons Â» est nĂ©e d’une initiative spontanĂ©e pour soigner les framboisiers et cassissiers du parc Chanorier. PlantĂ©s par la mairie qui n’avait prĂ©vu de budget d’entretien, ceux-ci Ă©taient enherbĂ©s et ne donnaient rien. La rĂ©colte fut fructueuse et la mairie confia le terrain en demandant de dĂ©velopper le bĂ©nĂ©volat pour entretenir la parcelle et accueillir les enfants des Ă©coles. Le jardin est composĂ© de deux parcelles, dont l’une avec des allĂ©es Ă©largies permettant d’accueillir les classes des Ă©coles.

Le potager joue un rôle social. Le potager est un lieu qui attire les promeneurs, par exemple les pensionnaires de la Roseraie. C’est intéressant d’observer l’évolution de ce jardin et sa biodiversité croissante. Le jardin est fleuri, il nourrit les abeilles des ruches qui sont installées là. Les enfants sont très intéressés par le potager. Il y a eu une perte de transmission de compétences entre générations et c’est encourageant de constater que les enfants sont actuellement prêts à recréer des compétences pour le jardinage.
L’association cherche des bénévoles plus nombreux pour cultiver le jardin, réaliser les arrosages selon le plan d’arrosage et développer la biodiversité de la parcelle.