La table ronde qui s’est tenue le vendredi 10 avril était très intéressante, non seulement pour rendre hommage à la mémoire de Philippe Brocard, mais pour se doter d’outils intellectuels pour mieux comprendre les violences politiques nourries du racisme et des discriminations et pour se mobiliser et savoir agir pour lutter contre la montée des violences.
Merci à Jacqueline Penez qui a pris l’initiative de cette table ronde et qui a su réunir des orateurs de ce niveau et de ce talent.
George Pau-Langevin, ancienne ministre et adjointe à la défenseure des droits, en charge de la lutte contre les discriminations et de la promotion de l’égalité, a rappelé que le droit d’expression est protégé mais aussi limité par la loi. Elle a évoqué les enjeux à adapter ce cadre face aux magnats de l’argent et des réseaux sociaux. Elle a expliqué le rôle du défenseur des droits et l’utilité des démarches de médiation.
Joël Roman, philosophe, éditeur et syndicaliste ami de Philippe Brocard, a rappelé que le racisme n’est pas l’expression d’une opinion mais un acte d’agression. Il a expliqué les phénomènes de brutalisation par les acteurs politiques, issus notamment des guerres mondiales et de la colonisation.
Sacha Halgand a témoigné que beaucoup de jeunes ne savent plus ce qu’est l’état de droit vu qu’ils ne le voient pas respecté. Il a parlé du programme salam-shalom-salut développé par SOS racisme, montrant avec conviction qu’il ne fallait pas se résigner à aller vers un abîme démocratique mais qu’il était possible à la jeunesse de promouvoir le vivre-ensemble et le lien social.
Philippe Bataille a eu des mots très émouvants pour Philippe Brocard et Jean-Jacques Gaucher. Il a brillamment démontré que le ni de droite ni de gauche n’était pas la posture permettant de contrer les idées d’extrême droite et qu’il fallait inlassablement dénoncer le racisme, l’exclusion et les discours de haine.
Le 7 mars 1986, Philippe Brocard était tué à Croissy par un commando d’extrême droite. Quarante ans plus tard, ses amis et camarades se souviennent et ont à cœur de transmettre sa mémoire aux jeunes générations.
Les association Croissy Autrement et les Amis de Philippe Brocard vous invitent le vendredi 10 avril à 20h00 à une Table ronde « La lutte contre la montée des violences et des discriminations » à l’hôtel de ville de Croissy-sur-Seine.
Les intervenants seront :
George Pau Langevin, députée honoraire, ancienne ministre,
Philippe Bataille, sociologue, EHESS,
Joël Roman, philosophe, essayiste, ancien rédacteur en chef de la revue Esprit.
Sacha Halgand, membre du bureau de SOS racisme
Leur expertise permettra de réfléchir et de débattre aux moyens de lutter contre les violences politiques et de renforcer la culture démocratique.
A l’occasion du quarantième anniversaire de la mort de Philippe Brocard, agressé et poignardé par un commando du Front National alors qu’il collait des affiches à Croissy-sur-Seine pendant la campagne législative de 1986, l’association Croissy autrement et l’association Les amis de Philippe Brocard ont voulu honorer sa mémoire.
La commémoration s’est tenue le samedi 7 mars devant la stèle érigée sur les lieux du drame, rue Paul Déroulède à Croissy-sur-Seine, en présence de la famille de Philippe Brocard.
Cet hommage républicain a rassemblé les élus municipaux et deux députées des Yvelines, ainsi que d’anciens cadres de la CFDT avec qui Philippe Brocard travaillait. Le travail de mémoire est plus que jamais nécessaire pour défendre notre démocratie face à l’intolérance et la haine et pour exprimer notre rejet de la violence.
L’hommage prononcé par Pierre Vanlerenberghe, ancien dirigeant syndical à la CFDT et ami de Philippe Brocard, est reproduit ci-dessous.
Hommage prononcé le 7 mars 2026 à Croissy-sur-Seine par Pierre Vanlerenberghe :
Nous voilà tous réunis pour commémorer la disparition de Philippe Brocard, son assassinat, fruit d’une lâcheté sans nom. Il y a 40 ans déjà ! Il était notre ami pour certains, une connaissance pour d’autres, un inconnu pour beaucoup, cependant tous ici rassemblés aujourd’hui. Il était un habitant discret de cette commune, il était, le jour de sa disparition, cadre d’une importante institution paritaire, l’APEC, l’Association pour l’emploi des cadres. Il était un militant syndicaliste, il avait été permanent de l’Union des ingénieurs et cadres CFDT, aujourd’hui première organisation syndicale des cadres dans le pays.
Il a été mon collaborateur durant 5 années ! il était mon ami ! Entouré des proches qui l’ont le plus connu, c’est à ce titre que je prends la parole en votre nom à tous, monsieur le Maire, Mmes et Mrs les élus municipaux, vous les élus de la Nation de tous bords aujourd’hui présents, l’association Croissy autrement co-organisatrice de cette commémoration, le Conseil d’Administartion de l’Apec, L’union des Cadres CFDT, sa Fédération d’appartenance, la PSTE, ses amis d’alors, et …sa famille, chère Chantal, son épouse, chère Brigitte, sa sœur.
Comment peut-on imaginer qu’un homme de 36 ans, qui incarnait la douceur même comme le montrait son visage, ait pu être transpercé de 9 coups de couteaux ici même par 9 individus qui voulaient d’emblée en découdre avec des militants qui collaient des affiches. 9 dans trois voitures, en embuscade… Jean-Jacques lui avait demandé quelque temps plus tôt de l’accompagner dans un collage d’affiche pour Michel Rocard, c’est en voulant le protéger que Philippe a été frappé à mort.
Nous étions en 86 et la perspective de l’entrée importante d’élus du Front National à l’Assemblée Nationale pour cause de scrutin proportionnel ne justifiait en rien, au contraire, cette lâche agression ! Certains des agresseurs étaient membres de ce parti d’extrême droite. Comme souvent en ces circonstances, le déni a été de mise, l’exclusion immédiate des assassins de leur organisation cherchait à accréditer qu’il s’agissait de brebis galeuses n’ayant rien compris au film politique. Eh bien non ! il est trop facile de rejeter sur des esprits simples qui n’auraient rien compris, la responsabilité de soi-disant comportements déviants. Ces comportements trouvent, en fait, racine dans les propos des forces auxquels ils adhèrent, de leurs leaders auxquels ils s’identifient, dans leurs analyses, leurs slogans, leurs mots d’ordre ! Ce sont des militants qui ont commis cette horreur et pas des hommes lambda ! Les fondamentaux du Font National, le Rassemblement National d’alors, l’exclusion du différent, de l’étranger, le repli sur soi, la défense d’une identité soit-disante éternelle, pour fédérer les peurs, sont toujours là aujourd’hui, déclinés parfois autrement. Les ravalements de façade ne sauraient le cacher !
Cette commémoration que nous avons tenu à faire tous les dix ans, en 1996, en 2006, en 2016, nous l’avons souhaité dès novembre, ses amis de Croissy et l’association des amis de Philippe. Elle n’est pas liée aux évènements actuels. Mais elle prend un relief particulier dans ce contexte. Nous avons l’impression d’être à front renversé et pourtant ! Nous n’entrerons pas cependant dans des comparaisons hasardeuses. Notre recueillement en souffrirait. Mais nous devons tous nous interroger.
Pourquoi les passions, normales en politique, conduisent-elles à la violence physique ? Le projet républicain n’est-il pas de civiliser les passions ! comme nous l’a rappelé l’historien Claude Nicolet, un fin connaisseur de la démocratie grecque, un proche de Pierre Mendés-France. La République disait-il, c’est « fonder en raison ce que le peuple demande », fonder la démocratie sur la raison, sur la confrontation organisée de raisons différentes. Une telle exigence exige le débat, exige surtout de le dépassionner au maximum. Ceci ne peut, ne doit, en aucun cas, conduire à la violence. La radicalité des discours, des mots employés, des formules toutes simples, éloignent de la nuance, de la rationalité, de l’écoute. Un analyste politique disait ces derniers jours : « … aujourd’hui, la violence des discours politiques a libéré quelque chose. Les électeurs désabusés prennent cette violence des leaders pour l’expression de leur colère.
Je ne peux m’empêcher de citer alors les paroles de l’éditorialiste du journal hebdo du syndicat dont j’ai été un des dirigeants. Olivier Guivarch, secrétaire national de la CFDT, y écrivait il y a 15 jours : « notre démocratie est fragilisée par une polarisation croissante qui dégrade le débat public. Lorsque la polarisation devient extrême, l’adversaire se transforme en ennemi, l’échange d’idées en confrontation physique, les désaccords en détestation de l’autre… la confrontation nourrit la violence et l’exclusion. » J’ajouterai, la sauvagerie des propos comme des paroles d’exclusion induit un jour ou l’autre la sauvagerie des actes, cela fait système comme on dit aujourd’hui, la violence est consubstantielle à la volonté d’exclure, la volonté d’exclure conduit à la violence !
Profitons de ce moment de recueillement pour honorer la mémoire de Philippe, pour appeler de nos vœux, comme Philippe l’aurait fait j’en suis certain, l’ensemble des acteurs politiques, syndicaux, associatifs à faire vivre par le débat tolérant notre démocratie, loin de la peur, de l’intimidation, du fatalisme dans lesquels certains voudraient nous enfermer.
En mémoire de Philippe Brocard, notre ami, je vous propose de partager une minute de silence.
Le 15 et le 22 mars 2026 vous voterez pour un programme d’action pour la commune et pour la communauté d’agglomération. Le programme que nous vous proposons est le fruit d’un constat et d’une réflexion collective.
1- Démocratie locale : Une ville qui vit, une ville qui unit
POUR QUE CHAQUE CITOYEN PUISSE ÊTRE ACTEUR DE LA VIE DE SA COMMUNE
Ouvrons la mairie aux citoyens, aux associations, aux expositions…
Réservons une séance de questions du public aux élus à l’occasion de chaque conseil municipal.
Créons un conseil des associations pour le dialogue entre elles, avec les élus et les services municipaux.
Des comités de quartiers feront des propositions concernant l’amélioration de la vie de leur quartier.
Un budget participatif pour réaliser des actions concrètes.
Un point de rencontre par quartier pour accueillir les initiatives des habitants, les associations, des expositions…
Lors de la fête de la carotte, un défilé festif des habitants au départ de chaque quartier pour faire vivre la tradition de la Saint-Fiacre et l’histoire maraîchère de Croissy.
Un Conseil municipal des enfants et un Conseil des jeunes pour les associer aux décisions publiques.
Le conseil municipal est devenu une simple chambre d’enregistrement. Trop peu d’initiatives locales favorisent l’implication des habitants Il y a un déficit de représentation des jeunes, des foyers à faible revenu et des mouvements associatifs. Nous voulons revitaliser la démocratie locale sous toutes ses dimensions : représentative, participative et directe Nous voulons développer la proximité, le dialogue et la solidarité
2- Gestion et investissement : Un budget transparent au service de tous
POUR UNE POLITIQUE BUDGÉTAIRE PLUS ÉQUITABLE, PLUS UTILE ET QUI INVESTIT DANS DES ÉQUIPEMENTS RÉPONDANT AUX BESOINS DES HABITANTS ET AUX ENJEUX D’AVENIR
Informons sur la réalité des choix budgétaires pour donner des moyens à nos services publics et à nos agents municipaux.
Une tarification du périscolaire adaptée au revenu de chacun : réduction du tarif jusqu’à 75% en fonction du quotient familial, en remplacement du système hypocrite appliqué actuellement.
Une extension de la tarification adaptée à l’école de musique, ainsi qu’aux activités culturelles et sportives destinées aux jeunes subventionnées par la mairie.
Ayons une exigence renforcée sur les critères sociaux et environnementaux des contrats passés par la ville.
Aujourd’hui ce sont les excédents du budget de fonctionnement et les opportunités de subventions qui déterminent les projets d’investissement et les sommes allouées. Nous voulons inverser cette logique et partir des besoins des habitants. Nous nous engageons à écouter vos souhaits avant d’engager tout projet d’investissement.
3- Culture et Sports : Place à la culture et au sport
POUR CULTIVER SANTÉ BIEN-ÊTRE CONVIVIALITÉ ET LIEN SOCIAL
Valorisons le travail des bénévoles et des diverses associations.
Mettons en place des lieux d’affichage à disposition des associations et pour l’information sur les services du territoire
Promotion des initiatives artistiques et sportives à destination des séniors et des personnes en situation de handicap.
Rendons le Château Chanorier aux Croissillons, pour en refaire un lieu dédié aux associations. Installation d’activités culturelles, sociales et conviviales sur appels à projets.
Rénovation de la maison de la Charité et valorisation de la place d’Aligre, des lieux attractifs pour les associations culturelles et pour des évènements festifs.
Elargissement des horaires d’ouverture du stade omnisport pour davantage de public.
Les locaux du château Chanorier ont été dédiés à des entreprises privées. Cette utilisation de nos impôts est contestable. Il est temps de remettre le patrimoine communal au service des Croissillons.
4- Urbanisme, mobilité et environnement : Un patrimoine à préserver, un urbanisme à imaginer pour demain
POUR POUR RÉPONDRE AUX BESOINS DES HABITANTS, RESPECTER L’HÉRITAGE HISTORIQUE ET CULTUREL DE NOTRE COMMUNE ET RELEVER LES DÉFIS ENVIRONNEMENTAUX
Révisons le PLU avec une vraie orientation urbanistique pour préserver les espaces naturels et en recréer
Exerçons un contrôle plus sérieux et responsable des permis de construire accordés (exemple : projet Aligre Eprémesnil). Des règlements d’Orientation d’aménagement et de programmation plus exigeants en termes d’environnement et de biodiversité (exemple : OAP projet Servier)
Améliorons la circulation et le stationnement dans chaque quartier, et réhabilitons les places en concertation avec les comités de quartier
Des horaires de bus adaptés et respectés ainsi que des arrêts et abribus décents et confortables. Mise en place d’une navette pour mieux relier les quartiers excentrés
Extension de la signalétique cycliste et du marquage au sol, sécurisation des points noirs identifiés dans le baromètre vélo pour davantage de sécurité et de stationnement sécurisés
Une signalétique piétonne encourageant la mobilité active et valorisant les lieux emblématiques de la commune. Un parcours du bord de Seine valorisé reliant mieux les parcs, les espaces de sports et les lieux de convivialité
Accès à la digue de Croissy et valorisation de cet espace naturel
Atlas de la biodiversité communale pour mieux connaître les animaux et les plantes de notre environnement proche et restaurer une biodiversité utile.
Croissy a les atouts pour devenir une ville modèle en matière de protection de la biodiversité de transition écologique et d’adaptation au changement climatique. A la condition d’écouter les besoins des Croissillons, de s’appuyer sur leur mobilisation et d’investir pour l’avenir.
5- Petite enfance et éducation : Grandir à Croissy
POUR LA QUALITÉ DE VIE DE NOS ENFANTS À CROISSY DE LA PETITE ENFANCE À L’ADOLESCENCE : DES SERVICES RESPECTUEUX DE LEUR SANTÉ, DE LEURS BESOINS ET DE LEUR DÉVELOPPEMENT
Une ville à hauteur d’enfants avec davantage d’espaces de jeux et une accessibilité poussettes améliorée.
Une cuisine centrale qui favorise un circuit court et un approvisionnement en denrées bio et locales.
Ecoute des besoins et accompagnement des nouveaux parents dans la recherche des modes de garde. Être en capacité de dépanner et assister les familles en difficulté.
Créons une carte famille municipale offrant une subvention aux inscriptions des enfants aux activités associatives culturelles ou sportives et la gratuité aux expositions.
Soutien budgétaire en appui aux projets de classe : Projets Artistiques et Culturels (PAC), classes vertes… et pour des sorties scolaires gratuites.
Extension des horaires d’ouverture de la bibliothèque et de l’espace jeunes.
25% des habitants de Croissy ont moins de 20 ans. Croissy est riche de potentiels pour nos enfants. L’argent doit être mieux fléché vers des projets qui leur profitent vraiment.
6- Action solidaire et sociale : Être là pour chacune et chacun
POUR QUE NOTRE VILLE FACILITE LA VIE DES HABITANTS ET METTE EN ŒUVRE LA SOLIDARITÉ
Ajoutons une première tranche de tarification pour rendre quasi gratuites les activités périscolaires pour les familles à faibles revenus et une vraie progressivité en fonction du quotient familial.
Appliquons la même logique à l’accueil loisirs du mercredi et des vacances scolaires.
Gérons différemment l’aide sociale : avoir un budget suffisant qui permette, jusqu’à la fin de l’année, d’aider les familles en difficultés, avec bienveillance.
Créons une deuxième maison médicale municipale pour quatre médecins généralistes manquants.
Prendre en compte les besoins des quartiers excentrés, y installer des services et des commerces.
Privilégions une police de proximité humaine à une vidéosurveillance trop coûteuse.
Actuellement faute d’une tarification des services périscolaires réellement adaptée au quotient familial des familles sont envoyées à l’aide sociale dans des conditions dissuasives.
7- Economie locale : Soutenir l’activité économique locale et le commerce local
POUR ENGAGER CROISSY DANS UNE RÉELLE TRANSITION ÉCOLOGIQUE GÉNÉRATRICE D’EMPLOIS LOCAUX
Implantons des activités économiques contribuant à la transition écologique.
Créons un Forum annuel de l’énergie pour accompagner les plans de transformation des copropriétés et les projets des particuliers.
Acquisition des terrains délaissés de l’ île de la Chaussée, en particulier l’ancien terrain de golf pour développer des appels à projets nature et maraîchage.
Création d’un tiers-lieu et d’un café associatif permettant le don de temps pour des activités solidaires (« heure citoyenne ») : conseil aux personnes âgées, lutte contre le démarchage frauduleux, insertion professionnelle de personnes en situation de handicap…
Appels à projets pour créer des activités de réparation de cycles, ressourcerie, ateliers communs…
Les commerçants les entreprises artisanales et les porteurs de projet ont besoin d’être davantage écoutés et soutenus.
8- CASGBS : La communauté d’agglo au service de tous
POUR QUE LA COOPÉRATION INTERCOMMUNALE DEVIENNE UN ATOUT POUR NOTRE COMMUNE
Mettons davantage de services en commun dans l’intérêt des habitants.
Agissons avec davantage de synergies. Relayons les informations de nos voisins de l’agglomération, l’offre culturelle et les initiatives locales
Mettons en œuvre le Plan Climat Air Energie Territorial et préparons dès à présent de nouvelles actions
Agissons pour des transports bus plus réguliers, plus fiables et des horaires plus larges
Plus de 16 000 demandes de logement social en attente dans l’agglo : pour respecter un droit fondamental et garantir des services essentiels sur le territoire, les communes de l’agglo doivent agir
Il est temps de travailler à une dynamique de coopération intercommunale
L’association Croissy Autrement souhaite que tout projet soit évalué en fonction des critères suivants : son inscription dans un plan d’urbanisme général de la ville, préserver ou regénérer des trames vertes et bleues, donner la priorité à la réhabilitation et au réemploi afin de minimiser l’impact de nouvelles constructions.
Le projet soumis propose une transformation d’une zone d’activité économique en zone mixte. Selon nous, l’objectif poursuivi de mixité entre zone d’emploi et zone de résidence peut aller dans le sens de permettre aux habitants de trouver un emploi près de chez eux et aux salariés de trouver des opportunités de logement à proximité de leur emploi, et donc de limiter les trajets et d’améliorer la qualité de vie. C’est pourquoi l’association Croissy autrement avait milité dès 2020 pour conserver la destination économique de cette zone, considérant que de nombreux logements ont déjà été développé dans ce quartier. Cependant, à condition que le projet permette d’atteindre véritablement la mixité emploi/résidence et de favoriser l’accès au logement, Croissy autrement ne s’oppose pas au principe de transformation du PLU.
Cependant, nous émettons d’importantes réserves sur le projet en l’état.
D’abord nous regrettons le choix d’une procédure simplifiée de modification du PLU qui exclut l’assistance d’un commissaire enquêteur. Nous regrettons également que la réunion publique du 15 novembre intervienne si tardivement, au milieu d’une période de concertation déjà très courte, qui s’achève le 25 novembre 2025.
D’autre part, nous demandons que le règlement de l’OAP (Orientation d’aménagement et de programmation) soit défini de façon plus précise et ambitieuse et que la mairie veille à son strict respect.
L’axe central, « mail vert » devrait permettre la transition paysagère mais aussi la continuité écologique. Cela doit être clairement indiqué dans le document, ainsi que les spécifications à respecter, en particulier par des plantations en pleine terre, des zones de friche… Sa largeur devrait être définie et correspondre a minima à ce qui est représenté sur le plan de l’agence Cobé (proposition d’OAP) pour représenter une véritable trame verte.
L’ensemble du projet augmente de manière significative l’imperméabilisation des sols, notamment par l’extension des surfaces bâtie et des zones de circulation. Les voies de circulation en bordure du site suppriment des zones de continuité verte. La végétalisation des toitures est louable mais ne devrait pas être considérée comme une mesure de compensation valable.
La présentation en végétalisation est fallacieuse en regard de l’infiltration des eaux dans le sol, et quasi l’ensemble des eaux pluviales devront être évacuées. Une grande partie des espaces verts et des plantations d’arbres envisagés par le promoteur sont prévus sur dalle, ce qui ne permet pas un réel développement des arbres. Leur développement nécessite leur éloignement des façades tant pour le développement de la canopée que pour celui du système racinaire.
Nous regrettons que ce projet ne cherche pas à réemployer davantage le bâti existant, ce qui permettrait de limiter l’impact en termes de déchet et reconstruction.
La zone dédiée au projet de club de sport David Lloyd appelle plusieurs remarques. Sa taille vient limiter la zone autour des deux derniers bâtiments d’habitation et limite le développement possible d’arbres comme nous l’avons déjà signalé. Elle déséquilibre l’ensemble du projet et présente le plus gros risque de nuisances liés à la circulation et aux activités. On notera que cette proposition sportive ne s’ouvre pas vers les résidences et les bureaux. Son implantation devrait être repensée et réduite.
L’urbanisme du quartier devrait prendre en compte les besoins de la zone artisanale du 103-115 chemin de Ronde et du projet du promoteur Morcet, ainsi que les besoins des habitants des nouvelles résidences. La mairie devra considérer rapidement le besoin de réaménagement de la voirie et la création d’une piste cyclable reliant Croissy au Pecq. Il conviendra que les services de la mairie et de l’Agglo s’assurent de la viabilité des bureaux créés, s’interroger sur la concurrence avec l’espace Monet et la zone du 103-105 de chemin de Ronde et développer une animation spécifique pour attirer et maintenir des emplois sur la commune.
En conclusion, ce projet est faible en termes de bénéfices pour la population de la commune, pour les riverains et pour l’environnement. Les exigences de la commune doivent être exprimés avec plus de force et spécifiées de façon précises dans Orientation d’aménagement et de programmation (OAP).
Vos conseillers municipaux Croissy écologique et solidaire qui portent depuis 2020 vos idées pour défendre la démocratie locale, notre environnement et le vivre-ensemble à Croissy, s’engagent dans la campagne électorale des municipales de mars 2026.
Animée par Xavier Guisse et Marie-Françoise Darras, une nouvelle équipe se constitue.
Tout commencele 1er octobre 2025 à 20h30 à la mairie lors d’une réunion publique
Vous vous intéressez à la vie de la commune,
Vous pensez que les décisions doivent être prises en concertation avec les citoyens,
Vous croyez que des alternatives sont possibles pour l’intérêt collectif,
Nous vous proposons d’échanger et de nous rejoindre !
Pourquoi nous dénonçons l’hypocrisie du quotient familial à Croissy ?
Depuis plusieurs années, nous dénonçons la politique du quotient familial appliqué aux tarifs périscolaires de la Ville de Croissy, c’est-à-dire les frais de cantine scolaire, d’accueil des enfants le matin ou le soir et d’étude dans les écoles maternelles et primaires sous la responsabilité de la commune.
En effet, ce quotient applique une progressivité en fonction des revenus presque insignifiante et ne comporte pas de tarifs de base réellement sociaux. En réalité, la mairie fait le minimum.
C’est pourquoi nos élus au Conseil Municipal espèrent obtenir de la majorité municipale une évolution dans un sens plus favorable.
Quelles sont nos propositions ?
Elles se basent sur les besoins des familles modestes, notamment les familles monoparentales, et sur la comparaison avec les pratiques d’autres communes. Ce que nous proposons est réaliste et de bon sens :
Créer une première tranche pour les revenus inférieurs à 936€ pour une famille à partir d’un enfant, permettant d’inscrire leur(s) enfant(s) à des tarifs quasi gratuits, sans autre justificatif à produire que le revenu et sans examen des dépenses familiales (et non comme aujourd’hui un simple rabais de 30% soumis à la délibération de la CCAS).
Adopter une grille réellement progressive, de l’ordre de 1 à 4, c’est-à-dire permettant une réduction du tarif jusqu’à 75% en fonction des revenus.
Ouvrir une réflexion sur l’application d’un quotient familial subventionné par la mairie aux autres activités culturelles et sportives destinées aux jeunes de Croissy.
Ce serait la concrétisation des principes d’égalité des chances et de solidarité que notre communauté locale a les moyens de mettre en place.
En écoutant les besoins et en faisant participer les gens à la recherche des solutions ! Une méthode de démocratie participative et locale qui n’a manifestement pas été suffisamment appliquée dans le projet de rénovation du Boulevard Hostachy.
Malgré une volonté sincère d’améliorer l’accès et la sécurité sur le Boulevard et la patte d’oie et une louable démarche d’expérimentation, on ne peut que regretter qu’un tel projet surgisse sans avoir préalablement recherché les attentes des différents acteurs concernés, les commerçants comme les différents usagers.
Le projet a été conçu comme une solution toute prête, et non pas comme un travail participatif demandant d’abord l’écoute, la prospective, la confiance dans l’intelligence collective qui en découle. La suite a pourtant montré que les gens avaient envie de donner leur avis.
Nous espérons que le projet final permettra de développer l’attrait du centre-ville, la sécurité des circulations et la facilité des usages, et surtout qu’il intégrera les souhaits exprimés.
Plus que jamais il est nécessaire de faire vivre la démocratie locale pour construire un avenir désirable.
Les élus de la liste Croissy Ecologique et Solidaire