La table ronde qui s’est tenue le vendredi 10 avril était très intéressante, non seulement pour rendre hommage à la mémoire de Philippe Brocard, mais pour se doter d’outils intellectuels pour mieux comprendre les violences politiques nourries du racisme et des discriminations et pour se mobiliser et savoir agir pour lutter contre la montée des violences.
Merci à Jacqueline Penez qui a pris l’initiative de cette table ronde et qui a su réunir des orateurs de ce niveau et de ce talent.

George Pau-Langevin, ancienne ministre et adjointe à la défenseure des droits, en charge de la lutte contre les discriminations et de la promotion de l’égalité, a rappelé que le droit d’expression est protégé mais aussi limité par la loi. Elle a évoqué les enjeux à adapter ce cadre face aux magnats de l’argent et des réseaux sociaux. Elle a expliqué le rôle du défenseur des droits et l’utilité des démarches de médiation.
Joël Roman, philosophe, éditeur et syndicaliste ami de Philippe Brocard, a rappelé que le racisme n’est pas l’expression d’une opinion mais un acte d’agression. Il a expliqué les phénomènes de brutalisation par les acteurs politiques, issus notamment des guerres mondiales et de la colonisation.
Sacha Halgand a témoigné que beaucoup de jeunes ne savent plus ce qu’est l’état de droit vu qu’ils ne le voient pas respecté. Il a parlé du programme salam-shalom-salut développé par SOS racisme, montrant avec conviction qu’il ne fallait pas se résigner à aller vers un abîme démocratique mais qu’il était possible à la jeunesse de promouvoir le vivre-ensemble et le lien social.
Philippe Bataille a eu des mots très émouvants pour Philippe Brocard et Jean-Jacques Gaucher. Il a brillamment démontré que le ni de droite ni de gauche n’était pas la posture permettant de contrer les idées d’extrême droite et qu’il fallait inlassablement dénoncer le racisme, l’exclusion et les discours de haine.
